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21/10/2013

PRESENTATION RETOUR AU PAYS NATAL. Haïti, Petit-Goâve. Editions L’Harmattan

2 avril 2013 

    Après des décennies d'absence, Mario Blaise retourne en Haïti et se trouve devant une bien triste réalité : le temps a vraiment tout balayé et les événements qui ont frappé le pays n'ont rien arrangé.

     Alors que son premier livre, Le Flamboyant, a fait revivre sa petite enfance à Petit-Goâve dans les années 50, Retour au pays natal,tout en se replongeant dans les souvenirs de cette période bienheureuse, nous livre un état des lieux en 2012 et un constat de quasi-disparition de la terre qu'il gardait dans ses pensées puisqu'il ne retrouve rien ni personne à l'exception de son vieil ami Odilon.

      La découverte de ce monde perdu changera-t-elle son attitude envers son propre passé ? Arrivera-t-il à se libérer, à s'échapper de sa petite enfance et de Petit-Goâve ? A t-il une nouvelle identité ?

 

      Les éditions L'Harmattan 

           et l'auteur, Mario BLAISE

                 ont le plaisir de vous inviter 

                                   à la présentation de l'ouvrage

          Retour au pays natal. Haïti, Petit-Goâve

                     mardi 23 avril 2013 à 19h

  Espace L'Harmattan

        21 bis rue des Ecoles, 75005 Paris

   Metro Maubert-Mutualité, ligne10   Bus 63, 86, 87

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                             Petit-Goâve 2012. Le grand cimetière

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                             Petit-Goâve 2012. Le petit cimetière

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               Petit -Goâve 2012 Ce qu'est devenue la maison de mon enfance

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                                         Une rue de Petit-Goâve. 2012

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                  Petit-Goâve 2012. La rue St. Paul. 1000 fois arpentée

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          Petit-Goâve 2012. L'ancien Calvaire devant ce qui fut l'école des Frères

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                        Ce qui reste du mausolée de l'empereur Soulouque

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        Port-au-Prince 2012. Le quartier de la cathédrale après le tremblement de terre

Haïti- sept 2012 035.jpg                   Port-au-Prince 2012 Pavillon de chirurgie. Hôpital général

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Port-au-Prince 2012. Projet de reconstruction 

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 Port-au-Prince 2012. L'Occupation

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Port-au-Prince 2012. Ruines du Palais National  

 

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EXTRAIT COURT RETOUR AU PAYS NATAL éditions L'Harmattan.

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La maison où naquirent mes tantes et où elles passèrent toutes leurs longues vies s'était effondrée au cours du séisme de janvier 2010.Bien avant, elles s'étaient éteintes une à une. Elles avaient fait leur temps. 

Je refoule ma tristesse devant l'avalanche de souvenirs qui remontent : mes cinq tantes encore valides vont, viennent et papotent ; elles sont moins âgées que je ne le suis actuellement. Elles avaient la même taille, la même morphologie et je m'étais amusé à les prendre en photo alignées l'une à côté de l'autre. 

 Ma génération aura remplacé la leur et s'apprête à disparaître à son tour.

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17/10/2013

Extrait long LES TRIBULATIONS D'UN HAÏTIEN DE LA DIASPORA (éditions Manuscrit)

16 décembre 2007

- Je me sens bien, content de te voir, content d'être avec toi. Mais je m'aperçois que  la vie fait parfois des embardées. Elle nous réserve même beaucoup de surprises. Maman Mariette a certainement mal accepté ton départ. Elle vit en Haïti avec les filles, toi en Afrique, Michel aux U.S.A, moi en France. C'est le grand écart. Les familles haïtiennes sont de plus en plus éclatées, disséminées aux quatre coins du monde. Un mot qui est depuis peu d'usage courant dans notre pays et qui est aussi utilisé en créole, c'est celui de diaspora. Les Haïtiens de l'extérieur sont de plus en plus nombreux. Nous allons aussi devenir étrangers l'un à l'autre. Nous ne vivons plus les mêmes choses au quotidien. Nous n'employons plus les mêmes mots pour nous exprimer. Nous ne nous voyons plus. En ce qui concerne notre seule famille, qui peut dire quand nous serons à nouveau réunis tous ensemble ?

- L'essentiel est sans nul doute que nous soyons encore en vie. J'ai une terrible nouvelle à t'annoncer, Luckner : dans le groupe des dix neuf officiers fusillés pour conspiration la semaine dernière à Port-au-Prince figure le frère aîné de ton amie Virginie, celui qui faisait partie de la Garde Présidentielle.

- Serge ! s'exclame Luckner. Ce n'est pas vrai. Ce doit être la consternation dans la famille.

- C'est plus que la consternation. Et dans la même veine, le père de Luckner poursuit : Comme un malheur arrive rarement seul, monsieur Dumelle a fait une crise cardiaque en apprenant la nouvelle de l'exécution de son fils.

- Il s'en est sorti, je présume ?

- Les deux pieds devant, comme on dit. Il aurait certainement été sauvé s'il vivait à l'étranger. Mais chez nous, les secours mettent un temps fou pour arriver. On ne parle plus que de ces morts en série dans Port-au-Prince. Puis, après une courte pause, le père de Luckner ajoute : Quand on pense que la famille Dumelle a caché Le Nasilleur pendant des années sous le régime précédent. Madame Dumelle vidait elle-même nuit et jour les pots de chambre de Vava. Je ne suis pas étonné qu'il n'ait pas gracié Serge. Il considère la reconnaissance comme une lâcheté.

    Luckner est abasourdi. Il reste tout pantois, livide.

- Réagis, fiston. Je suis désolé de t'assaillir avec cette avalanche de mauvaises nouvelles. J'ai retardé au maximum  le moment de t'en informer.- Je réagis, papa, à ma façon. Je suis K.-O. Je pense à Virginie qui devait voyager bientôt, à Man Cicine, sa mère. Que vont-elles devenir ? Courent-elles un quelconque danger ?

 - Je ne pense pas qu'elles risquent quoi que ce soit. C'est le double choc psychologique qu'elles doivent encaisser.

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           New York 2006 Manhattan                                                                                                                                                           

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Présentation Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora. Roman historique

                            

16 décembre 2007

    Luckner Desvignes, un jeune étudiant haïtien, découvre la France des années 60 et porte un regard critique sur les réalités de son pays natal.

   La dérive politique et économique compromet l'installation du jeune médecin à Port-au-Prince. C'est triste et amer qu'il consent à partir pour les Etats-Unis.

  À travers l'histoire personnelle de Luckner Desvignes, celle de la violence et de la misère en Haïti, ce roman traite du problème universel de l'exil et parlera au cœur de tous les hommes. 

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Port-au-Prince 1979. Quartier commercial

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Port-au-Prince 1979. Maison de commerce

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Extrait court Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora

    Est-ce normal qu'une mère soit obligée de se séparer de ses enfants une fois devenus grands, le plus souvent sans espoir aucun de les revoir, est-ce normal ? gémit sa mère qui écoutait la conversation tout en préparant du grio dans la cuisine. Et elle poursuit, d'une voix meurtrie : neuf fois sur dix, nos enfants, une fois diplômés, restent dans le pays d'accueil. Ils ne reviennent que pour les funérailles des parents. On nous a appris à être fières de les voir partir étudier à l'étranger, pour réussir plus tard dans la vie. Pour ma part, je préfèrerais les avoir autour de moi, tous ici. Que j'aimerais créer l'association des mères à qui l'on a ainsi arraché les enfants.

- Maman, maman, tu as mille fois raison. Mais ne te mets pas dans des états pareils si tu ne veux pas que ta tension monte. Les choses s'arrangeront ici et je fais le serment que nous pourrons tous bientôt vivre dignement ensemble dans notre beau pays.

   Le jeune homme se lève et rejoint sa mère qui vient de se retirer dans la cuisine, presque en sanglots. Il l'entoure de ses bras et la serre tendrement et longuement contre lui.

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Petit-Goâve 1979. Jeune pêcheur dans un bois-fouillé
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Extrait court Désir d'Ailleurs Chroniques de voyages, éditions Manuscrit

    « Guillaume Lelièvre termina son énième remplacement dans un lycée de l'est parisien. L'Education Nationale ne fit jamais de lui un prof d'espagnol titulaire. Il ne le désira pas. Il préféra tantôt travailler à la pige pour un hebdomadaire, tantôt accompagner un groupe de voyageurs en Equateur, au Pérou, en Bolivie ou au Brésil, mandaté par un tour-opérateur. Ou, à des périodes moins fastes, pointer tout bonnement à l'A.N.P.E.

    La vie commune avec Constance devint une galère pour cet Auvergnat de quarante ans, brun, râblé, petits yeux rieurs. Il ne parvenait plus à tolérer les invectives d'une compagne très casanière qui refusait de quitter sa Normandie natale. On raconte que son plus long a été le Mont Saint-Michel.

   Constance traitait Guillaume d'individu instable, dépourvu d'ambition. Il reconnaissait que ses dents de devant ne traînaient pas par terre. Sa seule ambition est de pouvoir mener son existence comme il l'entend : loin des contraintes, évitant la monotonie… »

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                                             Nicaragua 2005 île de Omotepe

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                                            Costa-Rica 2005 île de Tortuguero

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                                       Chili 2003 San Pedro de Atacama

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                                 Santiago du Chili 2003. Cimetière des enfants

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                                  Uruguay 2003 Colonia del Sacramento

      

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Présentation Désir d'Ailleurs Editions Manuscrit. Chroniques de Voyages

 11 décembre 2007

 Des routards d'horizons différents se rencontrent au cours d'un voyage dans le cône sud de l'Amérique, à travers l'Argentine, le Chili et l'Uruguay. Grâce à sa longue expérience des échappées lointaines, l'auteur imagine une relation forte entre ces personnages qui ne tardent pas à s'épancher et à s'interroger sur la quête de l'Ailleurs qui les anime. Tandis qu'il lève progressivement le voile sur des pans entiers de leur histoire personnelle, on les voit évoluer un peu dans leurs milieux respectifs avant d'entamer une découverte de l'Amérique centrale, du Guatemala au Panama.
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                                      Panama City 2005. Vieille masure en plein centre-ville
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                             Costa Rica 2005 Bananeraie               

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                                     Antigua(Guatemala) 2004 Gare des chicken bus

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                                                Panajachel (Guatemela) 2004

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                                                      Panajachel (Guatemala ) 2004

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                                    Almolonga (Guatemala) 2005

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                                              Buenos Aires(Argentine) 2003

 

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RENCONTRE avec Mario Blaise. Eaubonne Magazine Janvier 2003

La maison de mon enfance

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Haïti, c'est pas fini !

Mario Blaise, 59 ans, Eaubonnais depuis 35 ans et originaire d'Haïti, "citoyen du monde", est parti à la recherche de ses origines. Il publie Le Flamboyant, récit de sa petite enfance en Haïti, quête des origines et témoignage sur la vie à Haïti dans les années 1950.

 "On n'écrit pas pour faire prendre de l'air à des mots difficiles, jamais employés, dit Mario Blaise. Mais pour se faire comprendre et transmettre ce que l'on ne veut pas perdre. Et être simple, pour cela, c'est suffisant." Et c'est ainsi, tout simplement, qu'il a écrit son premier livre.

 Son fils, né en France, lui a demandé de raconter son enfance en Haïti. Ainsi Le Flamboyant est-il paru. C'est l'histoire d'une famille aisée vivant à Petit-Goâve ( à 60 km de Port-au-Prince) entre 1947 et 1955. C'est le récit des années de jeunesse de Pascal (le narrateur), de la vie quotidienne à Petit-Goâve dans le contexte culturel, sociologique et historique d'Haïti. Tout cela se passe avant la dictature de Duvalier et l'aggravation de la situation économique, quand le pays, bien que pauvre, connaissait encore une vie sociale. L'expression " douceur de vivre" y avait encore un sens.

L'écriture de ce livre répond également à une motivation "existentielle" : "une fois libéré de mes occupations professionnelles, j'ai enfin pu consacrer du temps à répondre à toutes ces questions sur mes origines : qui suis-je, quelle est ma famille, où est-ce que je vis, quels sont mes amis, quelles sont mes racines, quels sont mes droits, etc ?  Tout cela me préoccupait depuis longtemps. J'ai entamé un cheminement vers moi-même et vers mes racines, à travers l'histoire  de ma famille et celle de mon pays, qui parfois se rencontrent."

Le résultat, c'est un récit plein de couleurs, vives comme les fleurs du flamboyant, cet arbre sous lequel se retrouvaient les copains dans la cour de l'école des Frères, à Petit-Goâve. Un récit plein de fraîcheur et d'humour également. Un tableau, quelques tranches de vie de l'époque.

Parti tôt de son pays, Mario Blaise se dit aujourd'hui "partout comme chez lui". Il aime parcourir le monde, il  "vit pour voir".

"Je me sens apaisé depuis que j'ai retrouvé mes origines, mais c'est vrai que mon "déracinement" fait que je me suis toujours senti à l'aise partout. Et puis, je ne suis pas à la retraite pour rester chez moi à épousseter les bibelots !"

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16/10/2013

Présentation LE FLAMBOYANT (Petite enfance en Haïti) L'Harmattan

 12 décembre 2007

Le Flamboyant a pour cadre Petit-Goâve, une petite ville de province, au sud de Port-au-Prince, dans les années 50, avant l'arrivée des Duvalier. C'est l'histoire d'une amitié entre Pascal, Odilon, Mondon et les autres.

    "Au moment où Moreno, au volant de Soulouque, marque un temps d'arrêt, au pied du mont Tapion, pour enclencher la première vitesse, je réalise que je sors à la fois de Petit-Goâve et de la Petite Enfance et je me demande avec anxiété si la porte du paradis n'est pas en train de me claquer au nez.."

     Ce livre est un tableau qui reflète une tranche de vie, celle de Pascal, dans son contexte familial, culturel, sociologique et historique. 

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                                                                                                                                                                                                                                 L'Harmattan a le plaisir de vous inviter à la signature du livre de  Mario BLAISE  

                                   LE  FLAMBOYANT   Collection " Graveurs de mémoire"

                                             Mardi 17 septembre 2002 à 19 heures

                                                          à l'Espace Harmattan

                                  21 bis, rue des Ecoles-75005 Paris - (Métro : Maubert-Mutualité.)

 

 

                           POUR HAÏTI

 Association culturelle franco-haïtienne

 

Bulletin trimestriel no 42   Sept - Dec 2002

 

Quand tu ne sais plus où tu vas, demande-toi d'où tu viens» (proverbe africain).

Il est des livres qui arrivent à point nommé. Celui-ci en fait partie. En dehors du plaisir de la lecture, il rendra un grand service à tous les jeunes Haïtiens partis très tôt dans l'enfance, éventuellement adoptés par une famille étrangère, ou à l'adolescence, en leur permettant de découvrir leur pays natal. En effet, un certain nombre de ces compatriotes connaissent peu ou pas l'histoire d'Haïti, son mode de vie, ses us et coutumes. Pour certains, même, « notre monde» a commencé avec Duvalier !

Le Flamboyant relate la vie quotidienne à Petit-Goâve dans les années cinquante. Pour nous, adultes (et même« vieux », pour certains) c'était le temps de l'insouciance, le temps d'une pauvreté non acceptable, certes, mais non violente. L'assassinat d'un instituteur, d'un avocat, d'un homme politique, d'un humble père de famille qui revêtait encore, alors, un caractère d'une barbarie épouvantable est devenu, pour des raisons inavouées ou non encore élucidées, un acte banal pour ne pas dire courant. Mario Blaise décrit, d'une plume légère et amusée, cette époque heureuse, pré-apocalyptique.

Il lui a fallu pour cela réaliser un long voyage en lui-même pour nous rapporter toute la fraîcheur de ses dix ans. Il aurait pu dire, avec Camus, «je vivais alors».

Avec des mots simples, colorés, évocateurs ; des phrases courtes, belles, bien balancées ; un style à la Daudet, il évoque pour nous la beauté des lieux, la saveur des fruits, la majesté des arbres, la clémence et la douceur de la mer.

    Home sweet home

La demeure familiale devient un personnage. Elle a les bras grands ouverts pour accueillir les ébats des gosses infatigables lors de vacances inoubliables.

Pour la fête nationale, dans des salles immenses, au plafond haut, dont certaines sont réservées à l'achat du café et à son stockage, les autorités venues de la capitale rencontrent celles de la ville. C'est là que se prend le verre de l'amitié et que les politiques achèvent, dans la bonhomie, leurs palabres sur les dernières nominations.

La vie quotidienne à Petit-Goâve, c'est l'animation dès le petit matin. Les enfants vont à l'école, toutes classes sociales confondues. Les meilleurs amis ne sont pas obligatoirement les plus fortunés. Un vélo devient  « une grosse affaire» ! Quelle joie de se griser de vitesse, de partager « cette monture qui rayonne au soleil» avec les amis les plus proches. Un rêve se concrétise : on se sent prince; que dis-je, roi. La vie est riche de promesses.

Puis survient un drame familial : un divorce. Quel malheur à l'époque !

Le temps passe et la douleur s'atténue, surtout quand la mère est là, que l'on passe de longs moments près d'elle, et qu'on la trouve belle.

 C'est dans ces trésors d'expériences heureuses que l'enfant d'hier devenu adulte puise toute la chaleur de l'amitié que l'on accorde aux copains.

  Ceux-ci ont répondu à l'appel. Tous, ou presque, étaient là, lors de la présentation du livre chez l'Harmattan, venus des quatre coins de France ou du Canada. Ceux qui n'avaient pu faire le déplacement s'en étaient excusés. Merci mon cher Mario de nous avoir fait rencontrer tes parents, tes amis et nos amis communs.

Merci de nous avoir permis, par la magie de ta prose à la petite musique mutine, de retourner aux sources de notre enfance heureuse.

 

                                        H.D Talleyrand 

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15/10/2013

Extrait long LE FLAMBOYANT (Petite enfance en Haïti) éditions L'Harmattan.

    Petit-Goâve 1979.

Quartier de la Petite Guinée

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16 décembre 2007

Il pleut ce samedi matin. Une de ces pluies diluviennes qui tombent rarement en cette saison. Le marché est forcément désert puisqu'il a lieu pratiquement en plein air. A la rue Saint Paul, on a, malgré tout, le paysage habituel : Une caravane de boeufs monte à Port-au-Prince. J'entends dire qu'ils viennent du Sud du pays, plus précisément de Port Salut et de Charbonniers. Ces huit boeufs sont accompagnés par trois personnes qu'on appelle des maroulés. Le voyage dure plusieurs jours. Les maroulés dorment au bord de la route avec les bêtes et gagnent chacun deux dollars par animal conduit à bon port.

A la rue Lamarre, il n'y a vraiment personne. Seules les rigoles déversent en abondance ce torrent d'eau et de boue qui passe sous les ponts, en direction de la  mer, et qu'on appelle : lavalas. Les chantiers navals marchent à fond. En effet, avec du papier journal que nous conservons soigneusement pour cet usage, nous construisons, à tour de bras, des bateaux, des petits, des moyens, des grands. Et nous les mettons à l'eau par flotte de six à sept, le bateau-amiral en tête. Même notre plus petite soeur, Flore, est embauchée pour l'opération de lâchage. Et nous essayons de les suivre dans leur cheminement. Parfois même, nous les accompagnons jusqu'à l'entrée des Casernes, en sautant d'une galerie à l'autre. Odilon, ses grandes soeurs Armelle et Fréda, font souvent de même en aval ou se contentent de contrôler le déroulement des opérations sur leur galerie.

En attendant le beau temps, revigorés par notre commune entreprise, nous nous racontons des histoires sans queue ni tête. Je n'arrête pas de parler. Nous jouons à "Ti ciseaux dorés, lait caillé pété, pété senti, pouf." Je suis le maître de jeu, je m'arrange pour que le "pouf" tombe sur une des petites qui proteste quand le lui dis d'arrêter de faire des pets. Je leur raconte l'histoire des trois frères qui sont devenus riches : le premier est médecin, le second pharmacien et le troisième entrepreneur de pompes funèbres. Je parle de cet énergumène qui, assis, couché, à plat ventre, sur le dos, lit, à la lueur d'une lampe éteinte, un journal non imprimé. Le point d'orgue c'est  quand le me mets à chanter tarlatane :

"Tarlatane, ou-même qui en bas rade ça ou ouè ? You ti grand moune diol rose bab noi, toi qui es sous les robes, que vois-tu ? Une petite vieille à la bouche rose et à la barbe noire."...

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13/10/2013

Cejour-là à DARJEELING

  Tashi delek !(Bonjour en tibétain)

        Le drapeau international tibétain était à nouveau à l'honneur sur la place Chowrasta de Darjeeling le 16 mars 2008 après une série de manifestations pacifiques à l'occasion du 49e anniversaire du massacre par les Chinois de plus de dix mille Tibétains le 10 mars 1959 à Lhassa.

       Ce nouveau mouvement de protestation réunissait des centaines de Tibétains ulcérés contre la violence des répressions perpétrées à Lhassa par l'occupant chinois. Assis à même le sol, une bougie à la main, les manifestants égrenaient avec ferveur des prières et des chants tibétains. Ils se levèrent ensuite, brandissant pancartes et banderoles condamnant la violence au Tibet et fustigeant le déroulement des prochains jeux olympiques à Pékin. Ils mirent le feu à un mannequin en chiffon représentant la Chine, se massèrent autour de la flamme et, tour à tour, piétinèrent avec acharnement les débris de l'ennemi en criant :

          « What do we want ? Freedom.  What do we want ? Justice. »  

      Les photos de Gandhi et du Dalai Lama en tête du cortège, des dizaines de moines entamèrent une marche à travers la ville entraînant un impressionnant groupe de femmes tibétaines en habit traditionnel, des écolières en uniforme, des jeunes, des vieux. Ils portaient des drapeaux tibétains et des panneaux où l'on pouvait lire :  Free Tibet, Save Tibet,  Tibet belongs to Tibetan,  Stop violation in Tibet.  

       Roberto Sanchez se joignit au cortège. Il sait ce que sont l'exil et la répression. Il compatit à  la tristesse et à l'indignation du peuple tibétain.

    Darjeeling (Inde) 16 mars 2008   

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