11/01/2015
Extrait HISTOIRES DE MIGRANTS : un Haïtien
Estéram évoquait souvent devant ses compatriotes le concept de "nation noire internationale" et frayait avec beaucoup de Noirs de Saint-Denis et du 18e arrondissement de Paris, Africains et Haïtiens. Voilà qu'il se mit à vouloir les convaincre de la responsabilité des diasporas en tant que vecteurs de développement économique dans le pays d'origine.
Quoique de confession protestante, il avait été interpellé et séduit par l'héroïque histoire d'un certain père Pedro qui avait construit à Madagascar 17 villages pour environ 3000 familles parmi les plus démunies. Il pensa sérieusement pouvoir s'inspirer de ces merveilleuses expériences pour lutter un peu contre la précarité des logements, la multiplication des taudis dans son pays d'origine, insérer socialement et économiquement des familles très pauvres. Ce serait bien de créer, pensait-il, une association qui donnât le coup d'envoi à ce projet humanitaire dans l'espoir qu'il serait relayé par d'autres acteurs déjà sur place. Et ce samedi, en marge de cette manifestation culturelle, il avait pensé briefer les plus proches de ses compatriotes. C'était sa nouvelle marotte.
Haïti 2012.
Campagne haïtienne. 2012
Antananarivo. Madagascar 2008
Le Père Pedro. Messe du dimanche matin
Région d'Antananarivo 2008
Un des villages construits par l'association du Père Pedro
Région d'Antananarivo 2008
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Extrait HISTOIRES DE MIGRANTS : une Antillaise
Tous ceux qui connaissaient Anne-Marie trouvaient que la générosité rayonnait de chacun de ses pores. Elle comptait parmi ces êtres dont les yeux, pétillant de joie, reflétaient une illumination intérieure transcendante.
Ce petit bout de femme, à l'aise en elle-même, bien proportionnée, à la fois vive et sereine, semblait avoir dénoué tous les nœuds qui avaient pu se former en elle, bien que son enfance ressemblât un peu à celle de Cosette. Élevée dans une famille monoparentale, elle n'avait de surcroît jamais connu son père biologique et vu défiler beaucoup d'hommes à la maison sans que sa mère ne pût en garder un seul.
Palmiers royaux. Guadeloupe 1990
Marie Galante 1991
Martinique 1989
Saint-Martin 1991
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Extrait HISTOIRES DE MIGRANTS : un Réunionnais
Alors que Maryse Lochard, la future mère d'Anne-Marie, était majeure et vaccinée quand elle quitta les Antilles, le petit Denis avait encore toutes ses dents de lait quand il débarqua à Paris. Il fut dirigé vers le centre de Guéret en Creuse avant d'être confié à une famille de Mende, en Lozère. Quelques années plus tard, il rencontra des garçons de son île natale dans une exploitation agricole. Ils y travaillaient tous en qualité de main d'œuvre gratuite. Beaucoup de ces enfants déportés de l'île de la Réunion devinrent agriculteurs, d'autres chômeurs. Il y eut aussi des dépressions, des dégâts psychologiques importants et même des suicides. L'hôpital psychiatrique de Guéret aurait accueilli par la suite beaucoup de Réunionnais de la Creuse.
Le futur pompier et deux de ses collègues prirent la fuite et décidèrent de voler de leurs propres ailes.
Anne avait souvent remarqué que son ami éludait toutes les interrogations qui pouvaient porter sur sa personne, qu'il était même un peu gêné par toute allusion concernant ses origines. Par délicatesse, elle avait donc décidé de ne pas le pousser dans ses retranchements sans comprendre en même temps que Denis souffrait de ne pouvoir se livrer, de n'être plus en mesure de s'attacher à quiconque. Il était un être en cavale. Fuyait, fuyait, se fuyait lui-même.
Il semblait avoir adopté la devise du pompier : « Oublier ce qui a été détruit. Sauver ce qui peut l'être. »
Quelques photos de l'Île de la Réunion 2001
09:49 Publié dans Livre | Tags : la réunion, migration. france noire | Lien permanent | Commentaires (2)
30/09/2014
Dédicace
Je dédicacerai mes livres sur Haïti le samedi 4 octobre 2014
à la librairie Pierre Lecut, 2 rue Stalingrad 95120 ERMONT
http://www.journaldefrancois.fr/seance-dedicace-de-mario-blaise-ecrivain-eaubonnais-ermont.htm
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24/05/2014
NOUVEAU Chez l'Harmattan : RETOUR AUX RACINES. Un Haïtien au Bénin.
Au Bénin, anciennement Dahomey, un homme débarque un beau jour, à la rencontre de la contrée présumée de ses ancêtres, ce pays qui est pour lui une sorte d’ailleurs doublé d’un autrefois.
- Vous êtes donc de Haïti. Vous avez couvert tout ce chemin pour venir nous voir. Merci, merci.
Nous nous sentons entraînés l’un vers l’autre par un vif courant de sympathie. Il me prend dans ses bras, me serre à m’étouffer. L’émotion est au comble. J’entends battre mon coeur. Mes yeux s’embuent de larmes. Un instant interdit, il ne me sort aucune parole de la bouche puis je réplique, m’essuyant nerveusement les yeux : « Je me sens comme chez moi ici. »
- Mon rêve, fit pensivement mon interlocuteur, c’est de voir beaucoup d’enfants d’Amérique revenir fertiliser la terre d’Afrique.
Rencontre-signature le mercredi 25 juin 2014 à 19h
Espace L'Harmattan, 21 bis rue des Ecoles 75005 Paris
Métro Maubert-Mutualité
Porte du Non-retour Ouidah (Bénin) 2013
Statue de Toussaint Louverture. Allada Bénin 2013
Mémorial de Zomachi. Sur la route des esclaves (Bénin) 2013
Panneau sculpté représentant la première révolte des esclaves du Bois Caïman (Haïti) en Aout 1791
Plage de Ouidah (Bénin) 2013
De cette plage sont partis environ deux millions d'esclaves pour Haïti et Salvador de Bahia (Brésil)
Grand Popo 2013. ZEM : moyen de transport urbain au Bénin.
Ganvié 2013. Enfants se rendant à l'école
Cité lacustre de Ganvié 2013. " la Venise de l'Afrique"
Natitingou 2013. Taxis-brousse
Cotonou 2013. Marché Dantokpa
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23/05/2014
Extrait long Retour aux racines : Le pays Somba
Avec les Bétammaribé
- Abo, salut.
- M’Bo, comment ça va ?
- Tintin, ça va (en remuant les épaules) .
Nous posons les pieds pour la première fois dans un village Somba, accompagnés, j’insiste, d’un enfant du pays qui, de plus, connaît tout le monde. Il est chez lui et nous sommes ses invités. Les tatas sont isolées car le garçon adulte doit s’éloigner pour construire sa maison. Trois générations nous accueillent. Les enfants sont les plus nombreux. Dans la cour, un faux cajou qui assure un peu d’ombre en saison sèche abrite deux jeunes femmes, l’une pile le mil, le front couvert d’un emplâtre de feuilles, l’autre le vanne. Un généreux pamplemoussier jouxte un petit puits d’où une adolescente nubile puise de l’eau dans une calebasse.
Les tâches sont bien réparties. La chasse est réservée aux hommes. La pêche aux femmes. Si le vieil éléphant sait où trouver l’eau, les Bétammmaribé connaissent toutes les ressources de la nature. Les fruits du faux cajou sont utilisés sous forme de poudre blanche que les femmes sèment dans les rivières pour endormir les poissons. Ses feuilles, bouillies, facilitent les accouchements. La famille cultive de toutes petites tomates, du maïs, du riz de montagne qui nécessite peu d’eau, des petits piments rouges, du millet, du sorgho, du tabac, de la menthe sauvage et de la citronnelle qui, jetées sur des braises, chassent les moustiques.
Un mince jeune homme, debout dans un coin, attend la fin de la récolte pour sa circoncision car toutes les cérémonies ont lieu pendant la saison sèche. Le torse nu, couvert de gris-gris, la tête enroulée d’un bonnet noir, il porte une multitude de fins bracelets de différentes couleurs ainsi que des perles et des cauris au cou, ces coquillages de porcelaine qui servaient autrefois de monnaie. En attendant son initiation, il joue d’une longue flûte, s’arrête de temps en temps et sourit gracieusement.
Un père de famille de 80 ans passe sa journée allongé sur une natte, le dos contre le tronc d’un manguier. Torse nu, les yeux pétillants de malice, il porte un pantalon noir qui s’arrête au dessus de ses chevilles et, à chaque poignet, un bracelet de métal. Son crâne supporte peu de cheveux ; par contre une barbe de quelques jours lui cache le visage. Il est si maigre qu’on lui voit les côtes et les clavicules. À côté de lui, un coui22, contient un fond de nourriture qu’il a eu du mal à terminer. Le patriarche fume du tabac naturel de sa cour. Il fume et réfléchit toute la journée. A portée de mains, une poterie en argile contient un feu de braises fait de bouses de vache recouvertes de noyaux de mangues séchées. Le feu est permanent, à l’usage unique de sa pipe. Son grand âge est un miracle car l’espérance de vie est de 60 ans. Il n’est pas malade apparemment, ne consulte aucun guérisseur, ni aucun médecin. Un beau jour, il s’éteindra et son feu de braises aussi. On ne sait pas toujours de quoi meurent les gens dans ce pays. Une grande pierre plate est posée sur une cheminée d’où s’échappera une fumée le jour de sa mort. Cette pierre lui servira de stèle. C’est aussi sous ce manguier que les hommes se réunissent pour prendre les décisions concernant la famille.
2013. Terrasse d'une tata somba. Chambres et petits piments rouges au soleil
Village somba 2013
Le grand-père bétammaribé réfléchit et fume du tabac naturel. 2013
Le jeune homme attend la fin de la récolte pour sa circoncision.
L'ancienne que l'âge a anoblie. 2013
Baobab 2013
2013 Avec les Bétammaribé
Au travail 2013
06:32 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
22/05/2014
Extrait court Retour aux racines : Au marché de Parakou
Nos chauffeurs de zem ne nous quittent pas. Bèbè, le plus entreprenant, le plus chaleureux, le plus prolixe, celui qui a proposé ses services, me rappelle Omar Sy en raison de son physique et de son caractère enjoué. Il tient le crachoir en permanence. La visite du marché principal situé au nord de la ville promet d’être un régal avec eux.
Nous sommes en effet flanqués de deux gardes du corps on ne peut plus dévoués, revêtus de vestes jaunes et vertes et de casquettes noires. Ils forment une véritable escorte qui ouvre toutes les portes. Nos gars touchent à tout, expliquent tout.
En pénétrant dans ce marché couvert, ce qui frappe avant tout ce sont les couleurs et les senteurs. Les couleurs vives et variées des pagnes, des bobas, des turbans et les senteurs de l’huile de palme, des poissons fumés, des épices africains, si naturelles et si fortes. Ce secteur alimentation regorge de produits originaux tels que le wagassi16, les boules noires de moutarde, la couenne en morceaux, les énormes tubercules d’igname comme je n’en avais jamais encore vu, le fonio17, les pistaches, les noix de cajou, spécialité de Parakou, le beurre de karité, les fleurs et les fruits de baobab. Des condiments et épices de toutes sortes sont présentés parfois en sachets, accompagnés des instructions d’utilisation mais le plus souvent dans des paniers ronds tapissés de toile qui permettent d’en voir les couleurs éclatantes et d’en humer les parfums : tomate en poudre, poivre noir, poivre vert, gingembre, cumin, safran, ail, mélange d’épices etc. Et sur de nombreux étals, la base de l’alimentation béninoise : huiles de palme, huiles de coco, manioc, patates douces, piments, riz local, akassa, présenté dans des feuilles de bananier:
2013 Vendeuses magnifiques, épices odorantes, convivialité
06:31 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
21/10/2013
PRESENTATION RETOUR AU PAYS NATAL. Haïti, Petit-Goâve. Editions L’Harmattan
2 avril 2013
Après des décennies d'absence, Mario Blaise retourne en Haïti et se trouve devant une bien triste réalité : le temps a vraiment tout balayé et les événements qui ont frappé le pays n'ont rien arrangé.
Alors que son premier livre, Le Flamboyant, a fait revivre sa petite enfance à Petit-Goâve dans les années 50, Retour au pays natal,tout en se replongeant dans les souvenirs de cette période bienheureuse, nous livre un état des lieux en 2012 et un constat de quasi-disparition de la terre qu'il gardait dans ses pensées puisqu'il ne retrouve rien ni personne à l'exception de son vieil ami Odilon.
La découverte de ce monde perdu changera-t-elle son attitude envers son propre passé ? Arrivera-t-il à se libérer, à s'échapper de sa petite enfance et de Petit-Goâve ? A t-il une nouvelle identité ?
Les éditions L'Harmattan
et l'auteur, Mario BLAISE
ont le plaisir de vous inviter
à la présentation de l'ouvrage
Retour au pays natal. Haïti, Petit-Goâve
mardi 23 avril 2013 à 19h
Espace L'Harmattan
21 bis rue des Ecoles, 75005 Paris
Metro Maubert-Mutualité, ligne10 Bus 63, 86, 87
Petit-Goâve 2012. Le grand cimetière
Petit-Goâve 2012. Le petit cimetière
Petit -Goâve 2012 Ce qu'est devenue la maison de mon enfance
Une rue de Petit-Goâve. 2012
Petit-Goâve 2012. La rue St. Paul. 1000 fois arpentée
Petit-Goâve 2012. L'ancien Calvaire devant ce qui fut l'école des Frères
Ce qui reste du mausolée de l'empereur Soulouque
Port-au-Prince 2012. Le quartier de la cathédrale après le tremblement de terre
Port-au-Prince 2012 Pavillon de chirurgie. Hôpital général
Port-au-Prince 2012. Projet de reconstruction
Port-au-Prince 2012. L'Occupation
Port-au-Prince 2012. Ruines du Palais National
09:02 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
EXTRAIT COURT RETOUR AU PAYS NATAL éditions L'Harmattan.
La maison où naquirent mes tantes et où elles passèrent toutes leurs longues vies s'était effondrée au cours du séisme de janvier 2010.Bien avant, elles s'étaient éteintes une à une. Elles avaient fait leur temps.
Je refoule ma tristesse devant l'avalanche de souvenirs qui remontent : mes cinq tantes encore valides vont, viennent et papotent ; elles sont moins âgées que je ne le suis actuellement. Elles avaient la même taille, la même morphologie et je m'étais amusé à les prendre en photo alignées l'une à côté de l'autre.
Ma génération aura remplacé la leur et s'apprête à disparaître à son tour.
08:42 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
17/10/2013
Extrait long LES TRIBULATIONS D'UN HAÏTIEN DE LA DIASPORA (éditions Manuscrit)
16 décembre 2007
- Je me sens bien, content de te voir, content d'être avec toi. Mais je m'aperçois que la vie fait parfois des embardées. Elle nous réserve même beaucoup de surprises. Maman Mariette a certainement mal accepté ton départ. Elle vit en Haïti avec les filles, toi en Afrique, Michel aux U.S.A, moi en France. C'est le grand écart. Les familles haïtiennes sont de plus en plus éclatées, disséminées aux quatre coins du monde. Un mot qui est depuis peu d'usage courant dans notre pays et qui est aussi utilisé en créole, c'est celui de diaspora. Les Haïtiens de l'extérieur sont de plus en plus nombreux. Nous allons aussi devenir étrangers l'un à l'autre. Nous ne vivons plus les mêmes choses au quotidien. Nous n'employons plus les mêmes mots pour nous exprimer. Nous ne nous voyons plus. En ce qui concerne notre seule famille, qui peut dire quand nous serons à nouveau réunis tous ensemble ?
- L'essentiel est sans nul doute que nous soyons encore en vie. J'ai une terrible nouvelle à t'annoncer, Luckner : dans le groupe des dix neuf officiers fusillés pour conspiration la semaine dernière à Port-au-Prince figure le frère aîné de ton amie Virginie, celui qui faisait partie de la Garde Présidentielle.
- Serge ! s'exclame Luckner. Ce n'est pas vrai. Ce doit être la consternation dans la famille.
- C'est plus que la consternation. Et dans la même veine, le père de Luckner poursuit : Comme un malheur arrive rarement seul, monsieur Dumelle a fait une crise cardiaque en apprenant la nouvelle de l'exécution de son fils.
- Il s'en est sorti, je présume ?
- Les deux pieds devant, comme on dit. Il aurait certainement été sauvé s'il vivait à l'étranger. Mais chez nous, les secours mettent un temps fou pour arriver. On ne parle plus que de ces morts en série dans Port-au-Prince. Puis, après une courte pause, le père de Luckner ajoute : Quand on pense que la famille Dumelle a caché Le Nasilleur pendant des années sous le régime précédent. Madame Dumelle vidait elle-même nuit et jour les pots de chambre de Vava. Je ne suis pas étonné qu'il n'ait pas gracié Serge. Il considère la reconnaissance comme une lâcheté.
Luckner est abasourdi. Il reste tout pantois, livide.
- Réagis, fiston. Je suis désolé de t'assaillir avec cette avalanche de mauvaises nouvelles. J'ai retardé au maximum le moment de t'en informer.- Je réagis, papa, à ma façon. Je suis K.-O. Je pense à Virginie qui devait voyager bientôt, à Man Cicine, sa mère. Que vont-elles devenir ? Courent-elles un quelconque danger ?
- Je ne pense pas qu'elles risquent quoi que ce soit. C'est le double choc psychologique qu'elles doivent encaisser.
New York 2006 Manhattan
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Présentation Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora. Roman historique
16 décembre 2007
Luckner Desvignes, un jeune étudiant haïtien, découvre la France des années 60 et porte un regard critique sur les réalités de son pays natal.
La dérive politique et économique compromet l'installation du jeune médecin à Port-au-Prince. C'est triste et amer qu'il consent à partir pour les Etats-Unis.
À travers l'histoire personnelle de Luckner Desvignes, celle de la violence et de la misère en Haïti, ce roman traite du problème universel de l'exil et parlera au cœur de tous les hommes.
Port-au-Prince 1979. Quartier commercial
Port-au-Prince 1979. Maison de commerce
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Extrait court Les Tribulations d'un Haïtien de la diaspora
Est-ce normal qu'une mère soit obligée de se séparer de ses enfants une fois devenus grands, le plus souvent sans espoir aucun de les revoir, est-ce normal ? gémit sa mère qui écoutait la conversation tout en préparant du grio dans la cuisine. Et elle poursuit, d'une voix meurtrie : neuf fois sur dix, nos enfants, une fois diplômés, restent dans le pays d'accueil. Ils ne reviennent que pour les funérailles des parents. On nous a appris à être fières de les voir partir étudier à l'étranger, pour réussir plus tard dans la vie. Pour ma part, je préfèrerais les avoir autour de moi, tous ici. Que j'aimerais créer l'association des mères à qui l'on a ainsi arraché les enfants.
- Maman, maman, tu as mille fois raison. Mais ne te mets pas dans des états pareils si tu ne veux pas que ta tension monte. Les choses s'arrangeront ici et je fais le serment que nous pourrons tous bientôt vivre dignement ensemble dans notre beau pays.
Le jeune homme se lève et rejoint sa mère qui vient de se retirer dans la cuisine, presque en sanglots. Il l'entoure de ses bras et la serre tendrement et longuement contre lui.

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Extrait court Désir d'Ailleurs Chroniques de voyages, éditions Manuscrit
« Guillaume Lelièvre termina son énième remplacement dans un lycée de l'est parisien. L'Education Nationale ne fit jamais de lui un prof d'espagnol titulaire. Il ne le désira pas. Il préféra tantôt travailler à la pige pour un hebdomadaire, tantôt accompagner un groupe de voyageurs en Equateur, au Pérou, en Bolivie ou au Brésil, mandaté par un tour-opérateur. Ou, à des périodes moins fastes, pointer tout bonnement à l'A.N.P.E.
La vie commune avec Constance devint une galère pour cet Auvergnat de quarante ans, brun, râblé, petits yeux rieurs. Il ne parvenait plus à tolérer les invectives d'une compagne très casanière qui refusait de quitter sa Normandie natale. On raconte que son plus long voyage a été le Mont Saint-Michel.
Constance traitait Guillaume d'individu instable, dépourvu d'ambition. Il reconnaissait que ses dents de devant ne traînaient pas par terre. Sa seule ambition est de pouvoir mener son existence comme il l'entend : loin des contraintes, évitant la monotonie… »
Nicaragua 2005 île de Omotepe
Costa-Rica 2005 île de Tortuguero
Chili 2003 San Pedro de Atacama
Santiago du Chili 2003. Cimetière des enfants
Uruguay 2003 Colonia del Sacramento
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Présentation Désir d'Ailleurs Editions Manuscrit. Chroniques de Voyages
11 décembre 2007


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RENCONTRE avec Mario Blaise. Eaubonne Magazine Janvier 2003
La maison de mon enfance

Haïti, c'est pas fini !
Mario Blaise, 59 ans, Eaubonnais depuis 35 ans et originaire d'Haïti, "citoyen du monde", est parti à la recherche de ses origines. Il publie Le Flamboyant, récit de sa petite enfance en Haïti, quête des origines et témoignage sur la vie à Haïti dans les années 1950.
"On n'écrit pas pour faire prendre de l'air à des mots difficiles, jamais employés, dit Mario Blaise. Mais pour se faire comprendre et transmettre ce que l'on ne veut pas perdre. Et être simple, pour cela, c'est suffisant." Et c'est ainsi, tout simplement, qu'il a écrit son premier livre.
Son fils, né en France, lui a demandé de raconter son enfance en Haïti. Ainsi Le Flamboyant est-il paru. C'est l'histoire d'une famille aisée vivant à Petit-Goâve ( à 60 km de Port-au-Prince) entre 1947 et 1955. C'est le récit des années de jeunesse de Pascal (le narrateur), de la vie quotidienne à Petit-Goâve dans le contexte culturel, sociologique et historique d'Haïti. Tout cela se passe avant la dictature de Duvalier et l'aggravation de la situation économique, quand le pays, bien que pauvre, connaissait encore une vie sociale. L'expression " douceur de vivre" y avait encore un sens.L'écriture de ce livre répond également à une motivation "existentielle" : "une fois libéré de mes occupations professionnelles, j'ai enfin pu consacrer du temps à répondre à toutes ces questions sur mes origines : qui suis-je, quelle est ma famille, où est-ce que je vis, quels sont mes amis, quelles sont mes racines, quels sont mes droits, etc ? Tout cela me préoccupait depuis longtemps. J'ai entamé un cheminement vers moi-même et vers mes racines, à travers l'histoire de ma famille et celle de mon pays, qui parfois se rencontrent."
Le résultat, c'est un récit plein de couleurs, vives comme les fleurs du flamboyant, cet arbre sous lequel se retrouvaient les copains dans la cour de l'école des Frères, à Petit-Goâve. Un récit plein de fraîcheur et d'humour également. Un tableau, quelques tranches de vie de l'époque.
Parti tôt de son pays, Mario Blaise se dit aujourd'hui "partout comme chez lui". Il aime parcourir le monde, il "vit pour voir".
"Je me sens apaisé depuis que j'ai retrouvé mes origines, mais c'est vrai que mon "déracinement" fait que je me suis toujours senti à l'aise partout. Et puis, je ne suis pas à la retraite pour rester chez moi à épousseter les bibelots !"14:59 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
16/10/2013
Présentation LE FLAMBOYANT (Petite enfance en Haïti) L'Harmattan
12 décembre 2007
"Au moment où Moreno, au volant de Soulouque, marque un temps d'arrêt, au pied du mont Tapion, pour enclencher la première vitesse, je réalise que je sors à la fois de Petit-Goâve et de la Petite Enfance et je me demande avec anxiété si la porte du paradis n'est pas en train de me claquer au nez.."
Ce livre est un tableau qui reflète une tranche de vie, celle de Pascal, dans son contexte familial, culturel, sociologique et historique.
L'Harmattan a le plaisir de vous inviter à la signature du livre de Mario BLAISE
LE FLAMBOYANT Collection " Graveurs de mémoire"
Mardi 17 septembre 2002 à 19 heures
à l'Espace Harmattan
21 bis, rue des Ecoles-75005 Paris - (Métro : Maubert-Mutualité.)
POUR HAÏTI
Association culturelle franco-haïtienne
Bulletin trimestriel no 42 Sept - Dec 2002
Quand tu ne sais plus où tu vas, demande-toi d'où tu viens» (proverbe africain).
Il est des livres qui arrivent à point nommé. Celui-ci en fait partie. En dehors du plaisir de la lecture, il rendra un grand service à tous les jeunes Haïtiens partis très tôt dans l'enfance, éventuellement adoptés par une famille étrangère, ou à l'adolescence, en leur permettant de découvrir leur pays natal. En effet, un certain nombre de ces compatriotes connaissent peu ou pas l'histoire d'Haïti, son mode de vie, ses us et coutumes. Pour certains, même, « notre monde» a commencé avec Duvalier !
Le Flamboyant relate la vie quotidienne à Petit-Goâve dans les années cinquante. Pour nous, adultes (et même« vieux », pour certains) c'était le temps de l'insouciance, le temps d'une pauvreté non acceptable, certes, mais non violente. L'assassinat d'un instituteur, d'un avocat, d'un homme politique, d'un humble père de famille qui revêtait encore, alors, un caractère d'une barbarie épouvantable est devenu, pour des raisons inavouées ou non encore élucidées, un acte banal pour ne pas dire courant. Mario Blaise décrit, d'une plume légère et amusée, cette époque heureuse, pré-apocalyptique.
Il lui a fallu pour cela réaliser un long voyage en lui-même pour nous rapporter toute la fraîcheur de ses dix ans. Il aurait pu dire, avec Camus, «je vivais alors».
Avec des mots simples, colorés, évocateurs ; des phrases courtes, belles, bien balancées ; un style à la Daudet, il évoque pour nous la beauté des lieux, la saveur des fruits, la majesté des arbres, la clémence et la douceur de la mer.
Home sweet home
La demeure familiale devient un personnage. Elle a les bras grands ouverts pour accueillir les ébats des gosses infatigables lors de vacances inoubliables.
Pour la fête nationale, dans des salles immenses, au plafond haut, dont certaines sont réservées à l'achat du café et à son stockage, les autorités venues de la capitale rencontrent celles de la ville. C'est là que se prend le verre de l'amitié et que les politiques achèvent, dans la bonhomie, leurs palabres sur les dernières nominations.
La vie quotidienne à Petit-Goâve, c'est l'animation dès le petit matin. Les enfants vont à l'école, toutes classes sociales confondues. Les meilleurs amis ne sont pas obligatoirement les plus fortunés. Un vélo devient « une grosse affaire» ! Quelle joie de se griser de vitesse, de partager « cette monture qui rayonne au soleil» avec les amis les plus proches. Un rêve se concrétise : on se sent prince; que dis-je, roi. La vie est riche de promesses.
Puis survient un drame familial : un divorce. Quel malheur à l'époque !
Le temps passe et la douleur s'atténue, surtout quand la mère est là, que l'on passe de longs moments près d'elle, et qu'on la trouve belle.
C'est dans ces trésors d'expériences heureuses que l'enfant d'hier devenu adulte puise toute la chaleur de l'amitié que l'on accorde aux copains.
Ceux-ci ont répondu à l'appel. Tous, ou presque, étaient là, lors de la présentation du livre chez l'Harmattan, venus des quatre coins de France ou du Canada. Ceux qui n'avaient pu faire le déplacement s'en étaient excusés. Merci mon cher Mario de nous avoir fait rencontrer tes parents, tes amis et nos amis communs.
Merci de nous avoir permis, par la magie de ta prose à la petite musique mutine, de retourner aux sources de notre enfance heureuse.
H.D Talleyrand

08:55 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
15/10/2013
Extrait long LE FLAMBOYANT (Petite enfance en Haïti) éditions L'Harmattan.
Petit-Goâve 1979.
Quartier de la Petite Guinée
16 décembre 2007
Il pleut ce samedi matin. Une de ces pluies diluviennes qui tombent rarement en cette saison. Le marché est forcément désert puisqu'il a lieu pratiquement en plein air. A la rue Saint Paul, on a, malgré tout, le paysage habituel : Une caravane de boeufs monte à Port-au-Prince. J'entends dire qu'ils viennent du Sud du pays, plus précisément de Port Salut et de Charbonniers. Ces huit boeufs sont accompagnés par trois personnes qu'on appelle des maroulés. Le voyage dure plusieurs jours. Les maroulés dorment au bord de la route avec les bêtes et gagnent chacun deux dollars par animal conduit à bon port.
A la rue Lamarre, il n'y a vraiment personne. Seules les rigoles déversent en abondance ce torrent d'eau et de boue qui passe sous les ponts, en direction de la mer, et qu'on appelle : lavalas. Les chantiers navals marchent à fond. En effet, avec du papier journal que nous conservons soigneusement pour cet usage, nous construisons, à tour de bras, des bateaux, des petits, des moyens, des grands. Et nous les mettons à l'eau par flotte de six à sept, le bateau-amiral en tête. Même notre plus petite soeur, Flore, est embauchée pour l'opération de lâchage. Et nous essayons de les suivre dans leur cheminement. Parfois même, nous les accompagnons jusqu'à l'entrée des Casernes, en sautant d'une galerie à l'autre. Odilon, ses grandes soeurs Armelle et Fréda, font souvent de même en aval ou se contentent de contrôler le déroulement des opérations sur leur galerie.
En attendant le beau temps, revigorés par notre commune entreprise, nous nous racontons des histoires sans queue ni tête. Je n'arrête pas de parler. Nous jouons à "Ti ciseaux dorés, lait caillé pété, pété senti, pouf." Je suis le maître de jeu, je m'arrange pour que le "pouf" tombe sur une des petites qui proteste quand le lui dis d'arrêter de faire des pets. Je leur raconte l'histoire des trois frères qui sont devenus riches : le premier est médecin, le second pharmacien et le troisième entrepreneur de pompes funèbres. Je parle de cet énergumène qui, assis, couché, à plat ventre, sur le dos, lit, à la lueur d'une lampe éteinte, un journal non imprimé. Le point d'orgue c'est quand le me mets à chanter tarlatane :
"Tarlatane, ou-même qui en bas rade ça ou ouè ? You ti grand moune diol rose bab noi, toi qui es sous les robes, que vois-tu ? Une petite vieille à la bouche rose et à la barbe noire."...
15:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)
13/10/2013
Cejour-là à DARJEELING
Tashi delek !(Bonjour en tibétain)
Le drapeau international tibétain était à nouveau à l'honneur sur la place Chowrasta de Darjeeling le 16 mars 2008 après une série de manifestations pacifiques à l'occasion du 49e anniversaire du massacre par les Chinois de plus de dix mille Tibétains le 10 mars 1959 à Lhassa.
Ce nouveau mouvement de protestation réunissait des centaines de Tibétains ulcérés contre la violence des répressions perpétrées à Lhassa par l'occupant chinois. Assis à même le sol, une bougie à la main, les manifestants égrenaient avec ferveur des prières et des chants tibétains. Ils se levèrent ensuite, brandissant pancartes et banderoles condamnant la violence au Tibet et fustigeant le déroulement des prochains jeux olympiques à Pékin. Ils mirent le feu à un mannequin en chiffon représentant la Chine, se massèrent autour de la flamme et, tour à tour, piétinèrent avec acharnement les débris de l'ennemi en criant :
« What do we want ? Freedom. What do we want ? Justice. »
Les photos de Gandhi et du Dalai Lama en tête du cortège, des dizaines de moines entamèrent une marche à travers la ville entraînant un impressionnant groupe de femmes tibétaines en habit traditionnel, des écolières en uniforme, des jeunes, des vieux. Ils portaient des drapeaux tibétains et des panneaux où l'on pouvait lire : Free Tibet, Save Tibet, Tibet belongs to Tibetan, Stop violation in Tibet.
Roberto Sanchez se joignit au cortège. Il sait ce que sont l'exil et la répression. Il compatit à la tristesse et à l'indignation du peuple tibétain.
Darjeeling (Inde) 16 mars 2008
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15/10/2008
Ce jour-là en Equateur : la rançon
Le bus parcourait d'un rythme lent la sierra équatorienne avec, à son bord, un petit groupe de touristes français. Le guide-accompagnateur Roberto Sanchez interrompit subitement son discours d'informations et son visage se figea. Une trentaine d'Indiens venait de faire irruption sur la route, barrant le passage à l'aide d'un volumineux tronc d'arbre qu'ils manipulaient grâce à une poulie. Les hommes étaient menaçants, armés pour la plupart de gourdins. Un bon nombre d'entre eux était ivre.
Le chauffeur coupa le moteur. Les indigènes réclamaient de l'argent, les étrangers ne cachaient pas leur indignation de se voir ainsi rançonnés. La tension montait à l'intérieur du car. Même les plus progressistes étaient offusqués de ce qu'ils considéraient comme un racket.
Roberto prit alors le micro et conseilla d'obtempérer avant que les esprits ne s'échauffent trop. Tout en condamnant l'agression, il entreprit de calmer le jeu en expliquant rapidement que l'obole, la dîme, le péage ou le «toll» - peu importait le nom - qu'on les invitait à payer pouvait être considéré comme le droit de fouler la terre dont les Indiens avaient été spoliés. Et cet impôt allait directement dans leurs poches et non dans celles d'un Etat corrompu et injuste.
Il remit une petite liasse de dollars au chef. Le tronc d'arbre fut enlevé aussitôt et le car reprit sa route.
Equateur 1989
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08/10/2008
CE JOUR-LA A GANGTOK, CAPITALE DU SIKKIM
On répète à l'envi que l'Inde est sale et qu'elle regorge de mendiants. L'état du Sikkim échapperait-il à ces clichés ? Le parti au pouvoir, le Sikkim Democratic Front (SDF), passe pour un grand protecteur de l'environnement et le gouvernement central indien a beaucoup investi dans la région pour contenir les visées du grand voisin chinois.
Un gong en cuivre retentit. Il annonce l'arrivée d'un camion-poubelle. Toutes affaires cessantes, les habitants du quartier s'emparent des paniers, des seaux, des boîtes de carton, des sacs de toile ou de paille contenant leurs ordures et les tendent aux préposés pour un premier tri sélectif. Les « plastic bags » sont rares dans le pays du Khangchendzonga.
À l'autre bout de la rue, un autre camion livre des bouteilles de gaz. Les clients, nombreux, les embarquent dans des taxis ou utilisent les services de porteurs à la mode tibétaine. Le charbon de bois n'est utilisé que dans les villages car le gouvernement local protège la forêt sikkimoise et tente de damer le pion au Népal pour le trekk et le tourisme vert.
Gangtok(Inde du Nord) 2008
06:27 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)
10/09/2008
Ce jour-là à KOLKATA ( Calcutta ) : Brève rencontre avec un rickshaw-wallah
Un rickshaw rata son virage et continua à l'horizontale sa course effrénée sur une dizaine de mètres. Son conducteur fut projeté à l'extérieur et sa tête heurta violemment le macadam. Un policier releva le rickshaw-wallah groggy et le traîna négligemment au bord de da chaussée. Il lui jeta ensuite sa bouteille d'eau restée dans la cabine. Des curieux se pressèrent autour du véhicule, plus soucieux d'évaluer les dégâts matériels que de porter assistance au chauffeur.
Témoin de la scène, Roberto Sanchez en fut choqué : l'accidenté a été manipulé sans précaution ; aucun secours n'a été réclamé. Pourtant le choc fut d'une telle violence qu'un traumatisme crânien semblait inévitable. Dans les heures qui suivraient, le pauvre homme pourrait bien s'enfoncer dans un coma profond. Mais que vaut en Inde la vie d'un rickshaw-wallah s'il est de surcroît un intouchable ? Roberto eut une pensée pour la famille du chauffeur qui attendrait son retour ainsi que le maigre gain de la journée. Se forçant à relativiser, il se dit que le quotidien des rickshaw-pullers ou hommes-chevaux, est encore plus précaire, plus difficile et plus périlleux. Souvent pieds nus, par tous les temps, ils tirent carrioles et passagers à travers les rues encombrées et parfois défoncées de Calcutta
Calcutta 2008. Rickshaw et pousse-pousse .
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29/04/2008
Ce jour-là à BODHGAYA (INDE) : Le 3e festival annuel de chants boudiques.
Plus d'un millier de moines asiatiques sont réunis sous un chapiteau. Drapés dans leurs épaisses robes jaunes, ocres, safran ou bordeaux, crânes rasés ou cheveux très courts, ils attendent la distribution du repas. C'est le 3e festival annuel de chants boudhiques à Bodhgaya, le plus important lieu de pèlerinage boudhiste au monde.
Non sans nonchalance, ils envahissent ensuite par petits groupes la rue qui conduit au magnifique temple de la Mahabodhi pour la cérémonie du Puja. Ils prennent place à même le sol, en rangs serrés, sous l'Arbre Sacré où lord Boudha aurait reçu l'illumination, ouvrent leur manuel de prières rédigé en pali, la langue du boudhisme, et s'oublient dans un chanting qui durera tout l'après-midi. Le gong rythme les chants. Les haut-parleurs les amplifient et plongent moines et pèlerins dans un profond recueillement.
Pieds nus, mains jointes, bracelets porte-bonheur aux poignets, les visiteurs égrènent de longs chapelets en arpentant la promenade qui entoure le temple principal. Les plus fervents se mettent régulièrement à plat ventre, les bras en avant. Ils viennent de tous les pays d'Asie, revêtent des costumes très différents, du sarong blanc au saree de couleurs, du lungi au dhoti et à la tunique, du turban au bonnet. Les Tibétains sont reconnaissables à leur moulin à prières. Ceux qui sont assis sous les immenses branches de l'Arbre Sacré guettent les rares feuilles qui s'en détachent. De temps en temps arrivent des délégations de pays voisins conduites par des moines. Elles portent avec dévotion une bande de tissu jaune de la couleur de la robe de Boudha. Certains pèlerins vaporisent l'air de parfum, d'autres brûlent de l'encens. Les murs du temple sont ornés de guirlandes de fleurs. Tous les recoins du parc sont envahis de visiteurs actifs qui prient en chœur ou qui se prosternent ostensiblement. Les arbres sont décorés de petits drapeaux de toutes les couleurs.
À la tombée de la nuit, les moines font la pause. Des milliers de petites ampoules multicolores illuminent les arbustes, les stuppas, les murs d'enceinte du parc et les pèlerins font brûler des centaines de petites bougies dans la pénombre d'une salle de verre.
Ce festival, organisé par la Fédération Internationale du Boudhisme, s'est tenu du 12 au 23 février 2008.
14:24 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)
09/04/2008
Ce jour-là à Eaubonne : la biennale des écrivains eaubonnais
La Biennale des auteurs eaubonnais, organisée par la ville d'Eaubonne, aura lieu le Samedi 31 mai 2008 de 14h à 17h30 à la Médiathèque Maurice Genevoix, Place du 11 novembre 95600 EAUBONNE tel : 01 39 59 06 44
Au cours de cette rencontre, je présenterai et dédicacerai mes ouvrages.
À très bientôt
Port-au-Prince (Haïti) 1979
Panama City 2005. Carnaval
Buenos Aires 2003 Danseurs de Tango dans une rue piétonne
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14/03/2008
Une version revue et corrigée de Tribulations
Pourquoi cette nouvelle publication ?
Dauphin Noir, l'ancien éditeur, a cessé son activité, le livre n'était plus diffusé. Avec du recul, l'idée m'est venue de le retravailler, de le compléter, de m'adresser en même temps à un plus large public.
La nouvelle version est donc revue, un peu dans l'écriture du livre, beaucoup dans sa philosophie. Elle est actualisée puisque les tribulations de Luckner Desvignes, loin de s'arrêter en 1991, englobe cette fois-les quinze dernières années de la vie politique haïtienne, jusqu'au départ à la retraite du héros.
Petit-Goâve 1979. Bananier-les-Bains
New York 2004. Sea port
14:34 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)